| Courses de Traineaux - Mes Courses - Femundlopet 2007 | ||||||
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| Mes courses : La Femundlopet - Février 2007 | ||||||
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FEMUNDLOPET 600 : compte rendu de la course étape par étape 1ère étape: Roros- Tusfingdalen 45 Kms
Les chiens
démarrent très vite, surtout parce que j'ai le
dossard
numéro 1, et qu'un skidoo ouvre la piste devant moi. Je
garde le tapis
en permanence et
le frein pour les obliger à aller doucement sinon
ils vont
se griller, accumuler de l'acide lactique dans leurs muscles et avoir
des
contractures ou des claquages. La traversée de la ville se
passe
sans problème. Je connais bien le début de cette
piste
pour les avoir entrainés sur ce site depuis
mon arrivée en Norvège. Je suis
rattrapée par les
bons au bout
d'une demi heure: Robert Sorlie, Nina Skamstrad........ Pierre Antoine
me
rattrape vers la fin mais de toute
façon, je reste
tranquille... Je mets 3h44, "rien ne sert de courir, il faut
arriver à point"!! A Tusfingdalen , il y a un restart et
tous
les mushers doivent s'arrêter environ 2 heures.
Les Montagnes ventées de la FEMUNDLOPET... 2ème 2tape:
Tusfindalen- femundtunet 72 Kms
Je pars à 2h18 du matin; au bout de 20 kms, il y a une
montagne
à franchir; elle est réputée
être
balayée par les vents, et on risque fort de s'y perdre;
Daniel
Juillaguet m'a
bien mis en garde en cas de vent.... finalement
aucun problème, pas de tempête mais
ça monte
dur; la piste est effacée par le vent mais je vois
très
bien les réflecteurs sur les petites branches
plantées
dans la neige tous les 100 m et je dirige facilement Dallas et Niagara
qui sont en tête. La montagne étant
très
ventée sur le haut, il n'y a pas beaucoup de neige et la
piste
est dure. A la descente; il faut bien freiner les chiens pour qu'ils ne
se blessent pas, en bas la neige est à nouveau assez
profonde.
J'arrive à 8h 07 du matin avec mes 12 chiens en bon
état
mais assez fatigués par les dénivellés
s'ajoutant au poids du traineau (env 50
Kgs ). Il a fallu que je pousse le traîneau dans toutes les
montées! j'ai mis 5h49. Je décide de faire un
arrêt
de 6
heures; Philippe m'a réservé une chambre au
camping pour
dormir un peu mais avec tout ce que j'ai à faire au
checkpoint,
il me reste
à peine deux heures pour dormir!
Les chiens dorment... Déroulement d'un
arrêt au checkpoint:
Arrivée
sur la ligne, mon handler a seulement le droit de m'aider à
placer l'attelage sur la stake. J'accroche le traîneau
à un piquet avec ma corde de largueur et là, le
handler doit partir
(après quelques étapes, il n'y a plus
de piquets, je mets juste mon ancre ; les chiens n'ont de toute façon qu'une
envie: dormir)
Je prends ma seconde ancre pour accrocher les chiens de tête. J'enlève vite toutes les bottines, je vais au dépot chercher une botte de paille que j'étale rapidement pour que les chiens puissent se coucher confortablement. Je vais chercher les sacs préparés et déposés au checkpoint avant mon arrivée par le handler au dépot. Ces sacs contiennent tout ce dont j'ai besoin: nourriture, booties, alcool à bruler, couvertures, pommades et graisse pour les pattes, etc... Je donne rapidement un peu de viande aux chiens en petits morceaux congelés pour les faire patienter, je vais chercher de l'eau, je la fait chauffer dans mon cooker avec la viande. Pendant ce temps, je ramasse les bottines, j'installe bien les chiens sur la paille, et je regarde comment ils vont. Dès que la soupe est chaude, je les nourris. Quand ils ont terminé, je soigne leurs pattes et une fois qu'ils sont installés pour dormir, je leurs mets soit des manteaux soit des couvertures pour qu'ils dorment bien et gardent les muscles chauds. On diminue ainsi les courbatures. Une heure après mon arrivée sur le checkpoint, je peux enfin m'occuper de moi. Je vais d'abord manger et boire, puis changer les habits humides dans le 4X4, et enfin dormir un peu. Environ 1h1/2 avant l'heure à laquelle je décide de repartir, je redonne à boire aux chiens. Il faut refaire chauffer l'eau car tout est gelé, regarder comment vont les chiens, graisser et botter toutes les pattes, ranger le matériel, et mon handler peut finalement m'aider à emmener l'attelage au départ. Il ne faut pas oublier de signer au secrétariat au moment de repartir. Sur chaque checkpoint il faut être rapide et très organisé pour perdre le moins de temps possible et permettre aux chiens et au musher de se reposer un maximum! De toute façon il ne me reste pas beaucoup de temps pour dormir!! Checkpoint Repos 3ème étape:
Femundtunet-sovollen 70 Kms
Départ à 13h40 de femundtunet
après 5h30 d'arrêt; je vais enfin faire une
étape en partie
de jour. La piste est belle, il fait beau
mais il y a toujours ce sacré vent dans les
montagnes! En
fin de journée, le vent se renforce et soulève la
neige qui forme un véritable brouillard. Quand la nuit
tombe, et
que la lampe frontale n'est pas encore efficace, j'ai du mal
à voir
les sticks et à suivre la piste. Nous sommes sur
des hauts
plateaux
complètement dénudés et le vent efface
toujours les traces! J'arrive sans encombre à Sovollen
à
19h07
après 5h27 de course.
mes 12 coéquipiers sont encore en forme.
Je décide de m'arrêter 6 heures pour
une bonne récupération des chiens. Pendant le
repos,
la neige tombe de plus en plus fort. La plupart des
norvégiens sont partis assez tôt; quant
à moi,
après mes 6 heures d'arrêt, je repars vers 1 heure
du matin...
Distribution de Viande... 4ème étape:
Sovollen-Tynset 70 kms:
Départ à 0h50. Il neige
beaucoup,
nous sommes déjà en altitude à
Sovollen et je
pensais que nous allions redescendre; en fait pas du tout; la piste se
dirige vers une haute montagne! La tempête se renforce et
j'ai de
plus en plus de difficulté à voir les
réflecteurs
tellement il
neige; heureusement il y a l'odeur des autres attelages qui guide
les chiens bien que la piste soit effacée. Tout d'un coup,
j'aperçois un attelage qui arrive en sens inverse! C'est un
norvégien qui
croit être dans la bonne direction!! Je suis certaine de ne
pas
m'être trompée et je lui dis de me
suivre; Il fait demi tour, me suit quelques kilomètres. Le
vent est de plus en plus violent. J'espère qu'il restera
avec
moi pour
gravir la montagne (il est conseillé de rester en convoi
lorsqu'il y a des tempêtes car c'est moins dangereux) mais
quand
il se rend compte que je l'ai remis sur la bonne piste, il me double et
me distance petit à petit, sans se retourner une seule
fois...
Je
commence
à découvrir la fameuse "solidarité"
des musheurs
en longue distance.... La tempête est si forte qu'elle pousse
les
chiens et mon traineau en dehors de la piste, et je
risque de me perdre sans m'en rendre compte. Il faut
absolument
repérer chaque stick et son reflecteur qui m'indique que je
suis
bien sur le trail. Bientôt, les chiens ne
peuvent plus avancer tout droit tellement le vent et la neige les
poussent
en dehors de la piste. Je suis obligée de continuer
à
monter en marchant à côté de mes chiens
de
tête et en les tirant car ils ne veulent plus continuer dans
cette tempête. J'arrive péniblement au sommet vers
3
heures du matin. Pour la descente, je dois remonter
sur le traineau pour freiner (avec le poids, il risque de
s'écraser dans les wheel dogs). Je descends environ
2 kms
puis,
tout à coup, je me rends compte que je ne vois plus aucun
balisage! Je stoppe imédiatement: à chaque
mètre
de
plus, je risque de m'éloigner encore plus de la piste! Je
décide de bivouaquer sur place en attendant que la
tempête se calme et que le jour me permette peut
être de
retrouver le trail. Je sens les chiens très
stressés par
ces conditions extrêmes qu'ils ne connaissent pas. Je
détache les lignes de dos et ils s'enfouissent
immédiatement dans la neige pour se protéger. Il
neige si
fort que le temps de prendre mon sac et mon matelas pour
m'isoler un peu, les chiens ont complètement disparus sous
la
neige. Je me glisse rapidement dans un gros sac de survie
épais
que je referme par dessus la tête pour me protéger
du vent
et de la neige. Je m'assieds par terre, à l'abri
derrière mon traineau. Le vent redouble, siffle sur la bache
et
le temps semble bien long!! Une énorme
congère s'est formée contre moi! Quatre
heures plus
tard, j'entends soudain des chiens aboyer. Je me lève
précipitamment: il y a un convoi de 4 attelages plus haut,
à environ 300 m, qui semble chercher la piste. J'allume vite
ma
lampe et la fais clignoter pour attirer leur
attention en espérant qu'ils m'attendent. Peine perdue. Ils
n'ont que faire de
mes signaux et commencent à descendre vers la gauche
tout doucement. Je mets rapidement mes affaires
pêle
mêle dans le
traineau, je lève les chiens, et sans remettre les lignes de
dos, je
me dirige en marchant vers le convoi que je distingue
grâce
aux lampes. Le vent souffle toujours autant mais la neige
tombe beaucoup moins drue. Je réussis à les
suivre
à quelques centaines de mètres. La descente est
de
plus en plus raide, je ne peux pas m'arrêter et les chiens
se prennent les pattes dans leurs lignes de dos. Je fais plusieurs
kilomètres de descente raide, dans ces conditions, pour
finalement retrouver une forêt et un
temps plus clément! J'accroche mon ancre au premier sapin
venu, et remets les lignes de dos des chiens, espérant
qu'ils ne
se sont pas blessés. Je passe quelques minutes à
les
caresser et à les réconforter. Ils semblent
rassurés et ce repos forcé de 4 heures les a
revigoré! Je rattrappe et double au bout d'une
demi heure
les 4 attelages qui ne m'ont pas attendu. Ils y a deux
norvégiens, Jean Philippe Pontier et Daniel Juillaguet...
J'arrive à Tynset à 13h 34 après 12h
44 sur
la piste!! Je décide de faire un arrêt de 8
heures. De
grosses étapes nous attendent.
Rangement du matériel 5ème étape:
Tynset-Grimsbu 130 Kms:
Départ à 21h47 pour une
étape très longue et très montagneuse;
au bout de
80 kms, nous attaquons l'ascension d'une haute et longue
chaîne de
montagne battue par les vents; on ne fait que
monter et
descendre des
pistes, dignes de
la grande odyssée, avec le vent en plus. Cette chaine n'en
finit
pas: dans un énième mur à gravir, les
chiens se
couchent et refusent de continuer. Il est 5 heures du matin et il y a
beaucoup de vent! Je passe donc en tête, prenant Dallas et
Chaussette au
collier. Je marche ainsi jusqu'au sommet, puis les chiens acceptent
de continuer. Le trail descends et remonte encore, mais moins raide. Un
seul chien ne voulait pas se coucher sur la piste et tirait
pour
faire lever les autres: c'est Niagara la frileuse! Pas
idiote du tout, elle ne veut pas rester dans le vent et la neige en
haut de cette montagne! Elle sait que si on continue, on finira pas
redescendre au check point où il fera un temps plus
clément et où elle pourra se coucher sur
la paille!!
Après ce massif qui semble ne jamais finir, nous
redescendons
dans la vallée et la civilisation. A l'approche des
premières maisons , je pense que nous allons
bientôt
arriver. Un
rapide coup d'oeil sur ma carte m'indique que la piste suit la
rivière et les villages pendant plus de 25 kms avant
d'arriver
à Grimsbu; 25 kms qui vont être interminables;
j'entre sur
le checkpoint de Grimsbu à 10h57 après 13h10 de
course!!!!! Les chiens sont assez éprouvés,
Chaussette a
les poignets très douloureux et Rhapsodie a
vomit sur la piste; elle a fait les 20 derniers kms dans
le traîneau. Ces deux là ne repartiront pas tout
à l'heure. Je retrouve Pierre Antoine Heritier sur le
checkpoint
qui a aussi des chiens bien éprouvés. J'apprends
que Jean
Philippe Pontier a abandonné sur cette
étape; il avait deux chiens dans le basket avant
d'entamer
l'ascension du massif montagneux, c'était impossible
à réaliser! Je suis vraiment
désolée pour
lui. Je vais faire un
arrêt de 8 heures , nous avons tous besoin d'un peu de repos.
Philippe m'a préparé un lit, dans le
4X4 bien
chaud, avec des anoraks
sur le siège arrière en guise de matelas. Je vais
pouvoir
dormir quelques heures pendant que mon super handler de
mari me
séche gants et chaussures sur la ventilo de la voiture!
Les chiens sont sous les couvertures 6ème étape:
Grimsbu - Tynset 120 Kms:
Départ à 19h20 pour 120 Kms mais
par
un autre parcours qui évite la plus grosse
chaine de montagne. Juste avant le départ, la
vérérinaire norvégienne vient me voir
et me
propose de partir en convoi avec un norvégien ; elle me dit
que
c'est plus prudent car ils annoncent beaucoup de vent dans la montagne
et que ce musher connait bien la piste; c'est un
vétéran!
je l'attends et le laisse prendre la tête
mais à
200 M du départ, ses chiens s'arrêtent
et ne veulent plus se relever! Je passe alors en tête, mais
il
est
incapable de me suivre! Ces chiens sont "épuisés"
et il
voulait
se servir de moi pour le tirer!..... Mes chiens courrent
très
bien
sur les 80
premiers kms et je carresse l'espoir de ne pas m'arrêter
à Tynset pour faire les 30 kms suivants jusqu'à
Tolga.
Mais au
bout de 90 kms, Voyou est très éprouvé
par le
rythme que Dallas a imposé dans toutes ces "montagnes
russes" et
il vomit. Puis, 10-15 kms avant l'arrivée, c'est
Velossa qui craque et je dois la prendre dans le basket. Je n'ai pas
beaucoup de place pour mettre un chien dans le traineau, avec tout le
matériel obligatoire et je n'ai vraiment pas besoin de ce
poids
supplémentaire. J'arrive à Tynset à
4h13 du
matin
après 8h53 de course; les chiens sont fatigués et
si je
les
oblige à continuer sans récupérer
à
Tynset, je sens que ce sera la rébellion, et ils auront
raison!!! je décide de m'arrêter 6 heures. Je
drope Voyou
et Velossa qui sont
très courageux mais très fatigués.
Arrivée à Grimsbu 7ème étape:
Tynset-Tolga 30 Kms
Je repars donc avec seulement 8 chiens
(et toujours
le même poids dans le traineau) à 10h11 pour 30
kms que je
pense assez cool; et bien pas du tout!! Déjà
quelques kms
après le départ, je vais encore une fois pouvoir
apprécier la solidarité de certains mushers en
longue
distance...Je rattrape rapidement Daniel Juillaguet, parti peu de temps
avant
moi. Il est bloqué avec son traineau dans le lit d'une
rivière. Finalement, après d'énormes
efforts, il
arrive à remonter de l'autre
côté de la berge qui est à 1m80
à la
verticale! Quand Dallas aperçoit la rivière
profonde de
40 cm et large de trois mètres, il fait demi tour! Daniel me
lance
"ça va?" Je lui réponds en essayant de ramener
les chiens
vers l'eau que je n'arriverai jamais à remonter mon traineau
de
l'autre côté avec son poids et
mes 8 chiens
alors que lui en a 10. Je me retourne et je le vois filer
sans se
retourner!!.....Les organisateurs avaient fait un pont en bois
recouvert de neige; il s'était effondré. Il faut
absolument que je traverse la
rivière à pied.
J'ai de l'eau à mi mollets et je tire mes chiens qui
finalement traversent et grimpent sur la berge en face, le traineau est
bloqué dans un trou d'eau. Il me faudra une demi heure et
toute mon énergie conjuguée à
celle des
chiens pour remonter le traineau! Je suis folle de rage devant le
comportement de Juillaguet et je ne manquerai de le lui dire, ainsi
qu'à tous les autres français au prochain
checkpoint . A
peine remise de cet effort, commence une montée
très
raide
qu'il faut entièrement faire en marchant et en poussant le
traîneau. Jusqu'à Tolga, ce ne sera q'une
succession de
montées et descentes raides.
Même le grand champion Robert Sorlie va faire 8 km/h
de moyenne sur cette étape!! Heureusement que je me suis
arrêtée six heures à Tynset, sinon les
chiens
auraient fait
grève! J'arrive à 14h32 à Tolga
après
4h21 de course. Il y a un arrêt obligatoire de 6 heures sur
ce
checkpoint, mais je décide de rester 8 heures car la
dernière étape est longue et traverse de nouveau
plusieurs massifs. Philippe m'apprends que Pierre Antoine ne s'est pas
arrêté à Tynset; ses chiens n'ont plus
voulu avancer et il a bivouaqué à 10 kms du
départ!!
Idéfix arrive très raide. Pendant l'étape , je l'ai détellé et mis au repos sur le traineau (il fait 24 Kgs) et puis pour soulager les autres chiens, il m'a suivi en liberté. Je vais le dropper car je ne veux pas risquer de devoir le mettre à nouveau dans le basket avec les 85 Kms qui m'attendent! Je partirai donc à 7 chiens! Préparation de la soupe 8ème étape: Tolga-Roros 85 Kms Pendant mon
arrêt à Tolga, il neige
sans arrêt et comme la plupart des attelages sont
déjà passés, il va falloir ouvrir
toute la piste!
un musher italien qui court la femund 400 me propose de partir avec
lui, on pourra ainsi se relayer pour ouvrir et ce sera moins
pénible. Daniel juillaguet, qui n'a qu'une idée
en
tête: me battre; part à 19h31 , dès
qu'il a
effectué ses 6 heures d'arrêt obligatoire. Pour ma
part,
je préfère reposer mes chiens 8 heures pour que
nous reprenions des
forces avant la dernière étape qui s'annonce
très
rude. Il ne cesse de neiger, et je quitte le checkpoint à
22h51.
Mes chiens semblent avoir repris des forces! Nous
avons deux montagnes à gravir dans 30 cms de poudreuse. Je
double un norvégien et rattrape mon italien au pied d'une
grande
montagne ! Nous progressons lentement, tantôt moi,
tantôt lui devant; "Y" vomit et je suis obligée de
le
mettre
dans mon traineau au milieu d'une grosse montée. Je n'ai
plus
que 6 chiens et je dois pousser le traineau en marchant, je suis
complètement en nage malgré le vent et le froid!!
L'italien ouvre pendant les deux heures où je garde Y dans
le
traineau puis je le réattelle et ouvre la piste à
mon
tour. Au bout de
quatre heures et demi, nous rencontrons Daniel Juillaguet qui
bivouaque sur le bord de la piste. Il décide de
repartir
avec nous, pour profiter du convoi, mais ses chiens sont
épuisés et ne peuvent pas nous suivre plus de
500m. Son
attelage refuse de continuer...Après 7 heures
passées
avec l'italien et
les plus grosses montagnes franchies, je continue seule sur
la
piste du retour! Je retrouve les 4O kms de piste de
la première étape et Dallas, qui est
seul en
tête, reconnait le trail; il sait que la maison est proche et
ça lui donne du courage pour
finir! Quelques perdrix qui s'envolent devant nous au petit
matin
excitent les chiens et je distance rapidement mon compagnon! Les 20
derniers kms sont interminables, ce n'est qu'une succession de petites
collines abruptes très cassantes, comme dans le jura! Quand
nous
retrouvons les premières maisons et la
civilisation, les
chiens accélèrent car ils savent (je leur ai
dit!) que
c'est la fin!! Nous franchissons la ligne d'arrivée
à
10h32 du matin après 11h41 sur la piste! Pour les chiens et
moi,
c'est une grande victoire; notre première longue distance et
pas la moindre! Un énorme bisou à mon handler et
mari
Philippe, sans qui rien ne serait possible et je félicite
mes
chiens, si courageux , qui sont allez au bout de leurs forces pour
faire plaisir à leur maîtresse!! Plusieurs
norvégiens qui
sont dans les premiers viennent m'embrasser et me féliciter
,ça fait chaud au coeur! A part Niagara qui est en pleine
forme!! (un phénomère, celle là) les
chiens sont
éprouvés et très amaigris. (Leur
maitresse aussi!)
Tout le monde est content de retrouver un peu de confort; une niche
chaude dans la remorque pour les "babounets" , une douche et un lit
pour la musheuse!
Arrivée à Roros
Mon super handler
de mari...
Tous les Norvégiens sont là...
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