GRANDE ODYSSE 2012

1ère partie : Le Grand Massif

Cette Année, La première partie de  la course a changé de site pour se dérouler sur les pistes du “Grand Massif” de Samoens à Flaine, en passant par les Carroz. Les habitués de la LGO , dont je fais partie, avaient une certaine appréhension de découvrir ces nouveaux tracés, réputés encore plus pentus que ceux d’Avoriaz….

La première étape avec ses 3000  m de dénivelés positifs et 68 kms, nous a tout de suite mis dans “l’ambiance”! Montées très raide sur pistes rouges de ski alpin, descentes sur ces même pistes au milieu des skieurs. Heureusement, un excellent balisage et de nombreux bénévoles sur le tracé nous permirent d’effectuer la manche sans encombre. Par contre, nous avons été éprouvés physiquement par la difficulté des montées et la technicité des descentes, accrues par un brouillard à “couper au couteau” qui nous empêchait de voir les reliefs. J’ai passé la ligne d’arrivée givrée comme un bonhomme de neige, soulagée d’arriver sans trop de problème et avec des chiens assez frais!

Lors du musher meeting de la deuxième étape, le directeur de course Dominique Grandjean nous annonce une montée “d’enfer” passant de 750m  à 2400m en 12 kilomètres et un dénivelé positif total de la manche de 3800m en 72 kilomètres; bref l’étape la plus difficile de la LGO! Je me prépare psychologiquement et matériellement (powerade, barres énergétiques, chaussures légères pour courir!) Le beau temps est au rendez vous. Nous commençons par une boucle de 26 kms très rapide dans la vallée de Samoens avant d’attaquer la grosse montée. Bien que très longue et très raide,je suis surprise d’avaler les kilomètres aussi bien; les chiens tirent fort et j’arrive à les suivre en marchant! Pas question de remonter sur le traîneau  sauf sur deux légers replats de 500m qui me permettent de récupérer un peu. Le panorama au sommet est à couper le souffle et je prends le temps de faire quelques photos!  Les chiens parcourent l’étape à un rythme régulier, sans lâcher sur les grosses montées suivantes.

La dernière manche du grand massif ( 50 kms) se déroule en grande partie sur les pistes nordiques de Praz de lys, Sommand. Cette piste est très agréable et “reposante” malgré la chaleur et le soleil qui pénalisent mes huskies!

2ème partie:  l’Espace Diamant

Les trois étapes de cette seconde partie de la course se déroulent en partie sur mes pistes d’entraînement aux Saisies. C’est un gros désavantage pour moi car ils connaissent par coeur les tracés pour les faire tous les jours depuis début décembre, et souvent plusieurs fois durant le même entraînement!  On peut dire qu’ils sont vraiment saturés de ces pistes et, par conséquent, pas du tout motivés!

1ère étape: Praz sur Arly – Crest volant (62 kms)

Après une grosse montée de 1000 m de dénivelés, nous évoluons sur les crêtes du plateau de Véry avant de redescendre au col des Saisies puis remonter de l’autre côté sur le Mont Bizanne et finir sur les pistes nordiques des Saisies et de Crest Volant.

En passant près du parking où je me gare chaque soir pour entraîner, les chiens sortent de la piste, pensant y trouver leur remorque! C’est difficile de les motiver pour repartir sur les 30 kms restant! Ils me refont le même coup quand on passe une heure après dans le même secteur!

La deuxième étape; Les Saisies- Notre Dame de Bellecombe ( 65 kms) emprunte en partie les même pistes en sens inverse. Après une boucle de 30 kms autours des Saisies, nous repassons au col et près de mon fameux parking. Les chiens ne veulent pas continuer, surtout que nous devons emprunter mon parcours d’entraînement jusqu’au crêtes du plateau de Véry.  Ils y vont, bon gré, mal gré, mais à tout petit rythme…. Ah ces huskies !! Quand ils ne sont pas motivés…. Je peste après eux, d’autant qu’il fait chaud et que la neige colle!

Le soir, nous avons le “challenge Megève” ; 6 kms de sprint dans le village, au milieu des chalet. Colima et Tyee ,en tête, se font plaisir et feront le 5 ème temps malgré 4 de leur copains qui feront leur crotte….( habitude contractée en longue distance où les chiens font leurs besoins pendant les manches)

La dernière étape de l’espace diamant:  Megève- les Saisies (60 kms) reprend le plateau de Véry et mes pistes après une boucle de 25 kms sur les pistes de fond de Megève . Je rattrape Rémy Coste , vainqueur du trophée Grande Odyssée, dans la montée de la côte 2000 . Poussée par des rafales de vent sur un dévers, je fais une chute dans une pente raide gelée et pars en toupie, pendue à mon traîneau pendant que les chiens continuent sur la piste! J’arrive finalement à planter l’ancre dans la pente et à grimper avec mon traîneau sur le chemin. Les chiens sont déchaînés, ils rejoignent Rémy Coste et je fais toute la manche avec lui jusqu’à l’arrivée aux Saisies. Grâce à sa présence devant moi, les chiens suivent son attelage sans vouloir se dévier sur mon parking d’entraînement et je termine cette étape avec une très bonne moyenne.

3ème partie: La Haute Maurienne

Les étapes de la Maurienne sont de type “longue distance” avec plus de kilomètres et deux bivouacs.

1ère étape lanslebourg-base polaire ( 60 kms) / bivouac /  base polaire – Lanslevillars (70 kms)

Nous prenons le départ, comme chaque année, dans la rue principale de Lanslebourg enneigée pour l’occasion, devant des milliers de spectateurs. Je prends le journaliste Nelson Montfort sur mon traîneau pour traverser la rue ; il est impressionné par la puissance des chiens au démarrage et se cramponne fort à moi!!! Je “ l’abandonne” avant un virage serré qui nous fait quitter la ville. Nous montons sur Bessans , Bonneval, et le petit village de l’Echo , tout au fond de la vallée, redescendons près de Lanslebourg pour grimper ensuite au col du Mont cenis et atteindre la Base Polaire;

Les chiens terminent cette étape avec d’impressionnantes accélérations  dans la montée au col du Mont cenis, certainement provoquées par des animaux sauvages qui se baladent aux alentours!! Ils ne sont pas épuisés par les dénivelés accumulés!!…

Suite à la tempête de la semaine précédente, les dangers d’avalanche sont très importants du côté du petit Mont Cenis et l’organisation est  obligée de remplacer la boucle de 40 kms  initialement prévue le dimanche  par un aller retour vers l’Italie de 28 kms; moins de kilomètres mais plus de dénivelés!Nous quittons le bivouac à 10 h et le temps s’annonce chaud. Après la première boucle, nous repassons juste à côté de la stake out du bivouac pour repartir faire une seconde fois le parcours. Je cours avec quatre jeunes de 18 mois ( Fjord, Finnmark, Skagway et Fanta) que j’ai pris pour les habituer au bivouac et les préparer aux conditions de la femund. Même si ils ont été exemplaires durant la nuit , ils ne sont pas du tout disposés à refaire le même circuit, en plein soleil ,et j’ai tout le mal du monde à les remotiver!!  Ils effectuent les 30 derniers kilomètres très mollement alors que je m’échine à pousser le traineau!

La deuxième étape ( 82 kms) débute par le traditionnel départ en ligne de Bessans, très spectaculaire! Les chiens aiment cette piste rapide mais il ne faut pas les laisser aller trop vite car l’étape est longue, avec de bons dénivelés sur la fin. Nous sortons du goulet en deuxième position bien que je garde le pied sur le tapis pour les freiner un peu!! Il fait froid , la piste est magnifique; Alta et Elite en tête foncent au galop pendant les 35 premiers kilomètres. Quand nous repassons au dessus de Lanslevillars, endroit où nous logeons et où l’étape s’est terminée la veille, des bénévoles sécurisent la piste que nous avons prise la veille. 300 mètres plus loin, Alta, (leader très intelligente et  qui aime bien faire ce qu’elle veut …) prend , sans crier gare, une piste de ski  qui descend elle aussi vers le village!! J’arrive à planter l’ancre dans la descente mais j’ai du mal à les remettre sur le chemin qui mène à Bramans ! Après quelques kilomètres de rébellion, ils reprennent un rythme soutenu et avalent les kilomètres et les  dénivelés sans broncher.

La troisième étape ( Aussois-Base polaire 75 kms / Base polaire- Lanslebourg 88 kms) comporte le deuxième bivouac. Il fait encore chaud quand le départ est donné à 15 heures, d’autant que nous commençons par une bonne montée! La descente qui suit n’a pû être damée, à cause des avalanches et des arbres tombés. C’est une route en lacets serrés et la piste est bosselée en son milieu.  Le traîneau, chargé pour le bivouac, est très difficile à manier dans ces conditions. Je fais deux grosses chutes qui me broient le dos et les cervicales! Les chiens, eux,  sont en forme; ils travaillent très bien jusqu’à l’arrivée au Bivouac. Nous n’avons pas beaucoup de temps de récupération; départ le lendemain matin à 6h30, soupe aux chiens à 4H30!

Nous commençons cette dernière étape par une descente de 10 Kms depuis le col du Mont Cenis jusqu’à Lanslevillars. Les chiens sont froids et il faut aller très doucement pour  ne pas risquer de claquage. En passant au même endroit que la veille, les chiens forcent la sécurité des bénévoles pour descendre comme la veille vers la stake! Il faut que je me fâche et ils vont mettre un moment avant de se  décider à vraiment travailler! C’est la joie d’avoir des huskies!!…Par contre, une fois repartis, ils effectuent la manche sans baisser de régime jusqu’à l’arrivée finale!

Cette LGO 2012 fut une très belle édition; des conditions d’enneigement excellentes, un temps magnifique mais en même temps globalement pas trop chaud, une super ambiance entre tous les mushers et le staff d’organisation et Surtout, Surtout, des chiens en forme et gais jusqu’au bout!

Retrouvez notre Team dans les émissions télévisées suivantes :

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Journal de 20h sur TF1

One Comment

  1. Merci Isabelle pour nous avoir emmenés dans votre monde. Merci pour votre gentillesse et votre contact facile.
    Nous serons à nouveau le long des pistes du trophée Haute Maurienne pour vous encourager.