GRANDE ODYSSEE 2008

Nous arrivons samedi 5 Janvier vers 19 heures ; nous sommes les derniers puisque l’accueil des mushers était prévue autours de 12 heures! L’organisation, en la personne d’Eric, est pourtant là pour nous accueillir chaleureusement et nous placer sur la stake où ils nous ont gardé une place; c’est vraiment agréable de se sentir attendu!  Puis, remise des clefs de l’appartement très confortable qui nous ai prêté pendant la durée des étapes des portes du soleil, c’est à dire jusqu’à mercredi. Philippe, qui traine une déchirure musculaire du mollet depuis plusieurs mois,  a toujours des béquilles et n’ai pas venu pour le moment. Nathalie, sa soeur, sera mon handler. David, mon fils, est venu pour trois jours la seconder. Dimanche matin, le temps passe trop vite: je n’ai rien de prêt, il y a le contrôle vétérinaire et le musher meeting qui n’en finit pas!  Il faut que je me familiarise avec le traineau qu’Antipode m’a gentiment prêté pour la course et que Tim Hunt vient de m’ammener de la Pesse! Je ne sais même pas comment on le monte!  Départ de la première étape à 16h30 !
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Cérémonie d’ouverture                                             Remise des dossarts

1ère étape: Dimanche 6 janvier 2008  Avoriaz – Avoriaz  60 kms  
Comme Dallas n’a pas couru depuis dix jours suite à la gastro qu’il a attrapé et que nous avons eu du mal à guérir, je décide de mettre Chaussette en co-leader avec lui pour qu’il ne se brûle pas! Elle est calme et posée: à bientôt 10 ans, elle va partir cool au rythme « longue distance » !  Il neige un peu et ce n’est pas trop rapide. La piste est superbement préparée, parfaitement balisée, les traversées de piste de ski sont bien canalisées, avec une banquette de neige en aval. Les descentes et montées sur pistes de ski  se font dans une sorte de goulet de 3m de large avec un muret de neige de chaque côté. Le service des pistes a fait un travail  colossal de préparation et de sécurisation. Cette manche est un vrai plaisir et je félicite Jean Hanselman, responsable des tracés,  que j’aperçois à une intersection! Décidemment, la Grande Odyssée a beaucoup évolué depuis 2005 et cela laisse présager une belle course! Au bout de 50 kms, nous repassons par la ligne de départ, traversons le centre d’Avoriaz  et repartons pour 10 kms très pentus!! Chaussette est moyennement motivée pour refaire tous ces dénivellés…heureusement, Dallas, le courageux, emmène tout le monde au sommet de la montagne et nous arrivons finalement vers 21 heures après 2500m de dénivellés positifs!


Départ au centre d’Avoriaz                          On repasse au bout de 40 kms dans le centre ville

2ème étape: Lundi 7 janvier 2008 Morzine – Morzine  35 Kms  annulée
Il a plut toute la nuit et depuis le petit matin, c’est carrément de la pluie battante. Nous nous sommes levés très tôt car il fallait être à Morzine à 7 heures pour le musher meeting mais il pleut tellement qu’on nous annonce sur le parking de la station que la manche de ce matin est annulée.  La pluie tombe jusqu’à 2000m mais vu les quantités de neige en altitude, on nous confirme la manche de cet après midi; nous allons simplement démarrer un peu plus haut.  Nous sommes complètement trempés et passons la matinée dans un café pendant que nos divers anoraks ( on a changé trois fois!) sèchent à la laverie. Il nous manque un élément essentiel de la panoplie du parfait musher: un ciré!!!

3ème étape: Lundi 7 janvier 2008 Morzine – Champéry  60 kms
L’étape commence tout de suite par une montée de 900m de dénivellé sur 6 kms  afin d’ atteindre le col du cou. J’ai laissé Dallas au repos ( sa gastro  n’est pas complètement terminée) et j’ai mis Hulda seule en tête. Les chiens montent très fort et je double rapidement plusieurs attelages. Nous entammons ensuite la vertigineuse descente vers la Suisse. Le temps s’est refroidit et toute la pluie tombée durant la journée est en train de geler. Les chiens, très habitués aux descentes raides, dévalent à toute allure  et je ne peux  pas les freiner. Tout à coup, Rhapsodie, effrayée par la vitesse qu’elle ne peut pas maitriser, essaie de ralentir , trébuche, tombe et est trainée par le cou. Devant, Hulda fonce. Je la vois s’étrangler mais je ne peux rien faire .  J’arrive à planter l’ancre en bas du col, Rhapsodie a du mal à respirer et semble choquée. J’ai eu très peur pour elle, je la mets aussitôt dans le sac puis je repars. L’étape n’est qu’une succession de pistes rouges de ski alpin, verglacées, que nous montons et descendons de nuit. Le balisage est extrêmement réduit, les pistes ne sont pas du tout sécurisées; je remets Niagara en tête avec Hulda. C’est déjà très périlleux pour un attelage normal, mais pour moi, avec un chien dans le traineau, c’est quasiment impossible!  A un moment, dans une descente raide, mon traineau renversé et moi prenons tellement de vitesse que nous dépassons l’attelage,, partons en toupie, faisant tomber tous les chiens , qui se mettent à leur tour à tournoyer sur le dos.  Nous dévallons ainsi toute la piste !  Le balisage est trop succint et mal disposé alors que nous évoluons au milieu d’un immense domaine skiable vierge. Souvent , on ne sait pas où aller et je m’égards à plusieurs reprises! Je ne compte plus le nombre de chutes et le temps perdu; Rhapsodie, stressée dans le traineau , se débat  et me déséquilibre sans cesse.  J’arrive finalement à Champéry, complètement » cassée », pleine de bleus , et furieuse d’avoir risqué la vie de ma chienne. L’équipe véto examine aussitôt Rhapsodie: elle est encore un peu choquée mais semble en bon état, il lui font une injection de corticoide et je vais la laisser au repos pour le moment.


départ…                                                               arrivée…

4ème étape: Mardi 8 janvier 2008  Abondance -Abondance  30 kms
Ce matin, le soleil est enfin au rendez vous!  La piste,  verglacée, va être très rapide, il n’y a pas beaucoup de dénivellés. Je mets Dallas et son fils Balto en tête. Un hélicoptère survole l’aire de départ; les chiens s’élancent; la piste serpente dans la forêt, c’est un plaisir!  Par contre, Balto, d’habitude si fougueux, est en retrait dans toute les descentes, même légères.  Je pense qu’il s’est fait peur hier soir et Dallas est obligé de le tirer. Juste avant l’arrivée, un petit yorkshire planté sur le bord  a bien failli me faire sortir de la piste  mais Dallas, le discipliné, a remis tout le monde dans le droit chemin…


Départ d’Abondance                                                       Le même virage vu d’hélicoptère!

5ème étape : Mardi 8 janvier 2008  Chatel – Avoriaz  80 kms
L’étape se fait principalement de nuit; nous commençons par refaire la piste de ce matin vers Abondance, au bout de 20 kms, nous repassons sur la ligne de départ (!) pour monter en altitude et évoluer sur les crêtes et le domaine skiable des portes du soleil. Cette étape, bien que spectaculaire, est très bien balisée et sécurisée.  Dallas court seul en tête, par contre , je trouve que le team n’a pas une super pêche et le rythme est assez mou…. Je passe la ligne d’arrivée à Avoriaz au bout de 3h47 de course., assez déçue par mon temps.

6ème étape: Mercredi  9 Janvier 2008  10H  Praz de Lys – Praz de Lys 30 kms
Il neige de nouveau, ou plutôt nous sommes entre neige et pluie! Heureusement Praz de Lys est assez haut . Je voulais remettre Rhapsodie aujourd’hui mais elle boite et il semble qu’elle se soit fait mal à une épaule. Je la montrerai demain à Philippe quand nous serons à Megève. Praz de Lys est un beau plateau qui se prête bien au sport de traineau. C’est une jolie étape, très bien préparée, avec quelques descentes raides bien sécurisées, et de jolis virages qui serpentent dans la vallée. Une étape où l’on doit se faire plaisir! Hélas , il fait très chaud et les chiens n’avancent pas, je dirais même qu’ils se trainent! Dallas et Voyou font de la diarrhée… J’espère que les chiens n’ont pas contracté une virose..

 
Calin avec Balto                                            je dépasse un attelage en pleine montée!

7ème étape: Mercredi 9 Janvier 2008  17h  Les Gets – Les Gets 42 kms
La stake out est sur un parking en pleine ville; le départ s’effectue sur la rue centrale spécialement enneigée à notre intention. Il y a beaucoup de public et une ambiance de fête. Nous attaquons tout de suite une longue montée raide pour évoluer ensuite sur le plateau nordique  et les pistes de ski au dessus de la station. Les  dénivellés sont importants, les decentes raides mais il a neigé, et le service des pistes a bien sécurisé la boucle que nous faisons deux fois. L’attelage n’a pas sa fougue habituelle mais ils travaillent malgré tout régulièrement.  Quand je les nourris après la manche, Dallas et Voyou ne mangent pas leurs croquettes et grignottent du bout des dents un peu de viande. Les étapes de Megève sont courtes et ça devrait leur laisser le temps de se rétablir.
David doit rentrer travailler à Lyon : ça va être dur pour Nathalie qui n’a pas l’habitude, et pour moi, qui dois la seconder!!

8ème étape : Jeudi 10 Janvier 2008 19h  Megève – Megève 28kms
Je suis chez moi mais je ne connais pas du tout l’endroit où la piste a été tracée pour ce soir… personne ne m’a consulté quand ils ont effectué les repérages: cela ne me dit rien qui vaille ! Pourtant , au musher meeting, on nous annonce un tracé sans problème à part un mur raide  au sommet des pistes. La journée a été belle mais ce soir , le froid est tombé et il gèle. Le départ, situé au palais des sports, forme un grand cercle où de nombreux spectateurs peuvent voir démarrer les concurrents à pleine vitesse; Nos amis Michel Sardou et sa femme Anne Marie sont venus me soutenir au départ, Philippe est là aussi pour 24 heures! Après avoir quitté le village sur les pistes de fond, nous nous retrouvons pendant plusieurs kilomètres sur un fort dévers complètement gelé ( qu’il faudra reprendre en sens inverse…)  et le traineau ne tient absolument pas. Nous entamons ensuite une montée sur une piste rouge verglacée pour se rendre sur le domaine skiable du jaillet et du christomet. La totalité du parcours s’effectue sur des piste rouges, voire noires, gelées, non  préparées, non sécurisées . Il y a quans même du monde pour nous aider à stopper les chiens dans certains changements de direction, en pleine descente,  où on ne peut pas freiner… J’ai bien cru que j’allais me tuer sur cette étape:  j’ai rattrappé Catherine Mathis et Caroline Morin au sommet du fameux mur.  Les chiens de la canadienne se sont mis en travers , Dallas et Hulda prennent à la corde et plongent directement dans le mur en descente.  Sur le côté se trouve un gros piquet en bois, non protégé, que je prends de plein fouet et qui me  fait tomber . Les chiens ont pris une vitesse terrible , je perds bonnet, lampe frontale, gants …et j’essaye en vain de détacher la ceinture qui me relie au traineau. Pris par la vitesse, les chiens ont dévié vers la bordure de sapin et j’ai juste le temps de me mettre en boule avant de heurter un arbre avec mon dos et de prendre l’ancre dans le mollet. Finalement, sur un replat, je réussi à planter l’ancre et à reprendre mes esprits! (Au moins, l’avantage d’une piste gelée,  quand tu plantes une ancre, elle tient!! ) Plus loin, le chemin gelé est parsemé de trous énormes faits pas des marcheurs lors des précédentes pluies; plus loin encore, on dévalle sur la terre gelée, bref rien n’at été fait pour arranger un peu la piste…je termine finalement la manche entière mais bien contusionnée  et furieuse que l’on nous fasse prendre autant de risques ! Je ne suis pas la seule mécontente…
Le réconfort d’un bon repas concocté par les Sardou et une bonne nuit dans leur chalet me remettent sur pied: je suis mieux lotie que mes camarades mushers condamnés à dormir par terre dans le gymnase de Megève!!


Michel Sardou me donne le top départ!                  On peut apercevoir les attelages sur la crête

9ème étape:Vendredi 11 Janvier 2008  10h  Megève – Notre Dame de Bellecombe  33 kms
Il fait beau mais un vent très fort s’est levé sur les sommets. Par manque de neige, le départ est donné depuis la Livraz ou j’organisais avant la course et non pas au  palais des sport . Nous devons traverser un couloir à avalanche qui, parait il,  est parfaitement tracé à la pelle (!!)  et sécurisé puis nous évoluerons sur des crêtes avant de redescendre sur Notre Dame de Bellecombe.  Echaudés par les évènements de la veille, nous décidons à l’unanimité (les mushers) de ne pas prendre le départ si l’un des notre n’a pas reconnu la piste! L’organisation et les responsables de la station sont mécontents, le départ est reculé de deux heures,  les spectateurs s’interrogent et s’impatientent… finalement Emil Inauen survole la piste en hélicoptère, il semble que le tracé est correct mais il y a énormément de vent. Nous décidons de partir avec seulement 6 chiens et pour une manche non chronométrée . La piste est bien préparée, le couloir à avalanche ne comporte pas de problème  et une dameuse a fait une belle trace sur les crêtes. Le panorama est spectaculaire, très aérien, mais le vent est terrible et nous pousse complètement vers le ravin. Catherine Mathis et moi, qui sommes plus légères, avons du mal a rester debout. Dans une descente raide, nous sommes littéralement balayées par une rafale en dehors de la piste!  Une fois les crêtes passées, la descente sur notre Dame de Bellecombe se déroule sans problème.  Voyou arrive boiteux, Philippe l’examine, il s’est fait mal à une épaule hier dans les trous, la course est terminée pour lui… de toute façon sa diarrhée ne se calme pas non plus!  Pour Rhapsodie, c’est aussi une épaule et il faut la laisser au repos sinon elle risque d’avoir des séquelles: je n’ai donc plus que 12 chiens.   Les deux étapes de Megève qui devaient être cools et reposantes , c’est raté!!  Les kilomètres vont franchement s’allonger en Maurienne et je suis cassée !

 
Dallas et Niagara en tête à Megève                        Le col de Véry, au dessus de Megève

Nous quittons La Haute Savoie pour nous rendre à Lanslebourg, Philippe, toujours avec ses béquilles, retourne dans le Var. Il doit être raisonnable et reposer sa jambe.  Le vent est très violent dans la vallée de la Maurienne . Tout d’un coup, un camion derrière moi me fait de multiples appels de phare: en regardant dans les rétros à la lueur des phares, je m’aperçois avec effroi que j’ai perdu tous mes traineaux, c’est à dire trois!!! Arrêtée sur la bande d’arrêt d’urgence, je réussi à contacter l’organisation qui est déjà au courant; l’un d’eux, Michel Fantou, qui roulait derrière, les a repéré  et a appelé la sécurité de l’autoroute. Il s’est arrêté et les a  ramassé avant qu’ils ne soient complètement pulvérisés! Je me rends à l’aire de repos la plus proche et la sécurité autoroutière va me les ramener; ils sont vraiment sympa!  Un camion italien en a heurté deux qui sont complètement détruis, je leurs laisse les bouts à jeter! Le troisième est, ô miracle, celui prêté par antipode et avec lequel je cours. Il a juste une poignée cassée, sinon, il est intact, avec ses ancres et son sac!! Voici une belle preuve de solidité du nouveau Sluidjack!! Je réalise que j’ai malgré tout beaucoup de chance dans mon malheur: les traineaux , en tombant, aurait pû heurter le par-brise d’une petite voiture et créer un accident grave…. il n’y a que des dégats matériels et je me sens soulagée. Nous arrivons assez tard à Lanslevillars, l’organisation nous attends pour nous remettre les clefs de l’appartement et on nous a gardé une belle place de  parking. Nous avons hélas raté la belle cérémonie d’ouverture et le feu d’artifice! Après avoir nourris les chiens , nous nous rendons au repas prévu à Lanslebourg ; c’est excellent comme toujours, et les gens adorables et chaleureux! Nous sommes vraiment content d’être en Maurienne. Plusieurs chiens n’ont pas mangé ce soir; je suis sûre maintenant qu’ils ont attrapé une virose…


Virginie et Aurélie de l’association « Natur-a venir  » et les enfants de Créteil: Tété et Mémouna  avec des dessins pour moi

1Oème étape: Samedi 12 Janvier 2008  16h30 Lanslebourg – Base polaire  40 kms
Le départ, très populaire ici, est donné dans le centre ville spécialement enneigé. Il y a beaucoup de public et une ambiance très festive . Je retrouve Aurélie et Virginie, de l’association « natur-a-venir », venues de Créteil avec deux enfants pour me soutenir. Nous démarrons sur la rue centrale sous un tonnerre de cris et d’aplaudissements , puis un virage spectaculaire à angle droit au bout de la rue nous dirige vers la forêt. La piste, très bien balisée par Bernard Pépin,  nous emmène vers le bas de la vallée, à Bramans. Au bout d’une trentaine de kilomètres, Nous repassons par Lanslebourg, sa rue centrale, son virage à angle droit et ses spectateurs un peu moins nombreux que tout à l’heure. Nous attaquons ensuite la montée vers la base polaire où nous allons passer la nuit en bivouac.
Il neige et il y a du vent assez fort sur le col du Mont Cenis . Mes chiens ne sont pas en formes , ils se trainent dans la montée, eux habituellement si toniques. La virose gagne tout l’attelage et mon moral est en berne! Le bivouac et le mauvais temps ne vont pas arranger les chiens malades. je leur mets un bon lit de paille pour les isoler et je les nourris en forçant sur la viande : ils boudent les croquettes et ne boivent presque pas.  Quand mes chiens sont bien installés et dorment, je  vais manger  à la base polaire. Les militaires nous ont préparé un bon repas de sportifs: des spaguettis bolognaises! c’est mieux que la tartiflette que l’on nous sert fièrement depuis le début dans presque chaque village!!  Après deux vins chauds ( ça réchauffe et ça aide à dormir) , je vais me coucher. D’abord installée dans la tente qui  abrite la paille, au milieu des mushers, je préfère rejoindre mes chiens dans le vent et sous la neige vers 1 heure du matin: les ronflements de mes voisins m’enpêchaient de fermer l’oeil! J’ai oublié mon sursac dans le var (!!) et mon sac de couchage est vite très humide avec la neige qui tombe mais je dors avec ma parka et je n’ai pas froid.


La base polaire et la stake sur la droite                         La nuit à la base polaire…

11ème étape: Dimanche 13 Janvier 2008  9h30  Base Polaire – Lanslevillars  90 kms
La manche d’aujourd’hui va être longue et difficile avec les chiens qui ont la diarrhée: le départ est avancé de deux heures en raison des risques d’avalanches  si le temps se réchauffe dans la journée.  Nous allons au col du petit mont cenis qui est spécialement ouvert à notre intention. c’est une boucle de 40 kms que nous allons faire deux fois. Dallas et Hulda sont en tête ensembles; l’attelage travaille régulièrement et courageusement. Je les sens très fatigués par la virose mais ils y vont, pour me faire plaisir! Je les aide du mieux que je peux , je ne m’accorde pas une minute de répit, patinant sans cesse. Tout au bout de la boucle, une personne nous attend, dans une cabane,  pour nous donner un verre de thé chaud sucré: cela fait du bien!  Avant d’entamer la deuxième boucle, l’organisation nous fait passer par la stake out où les attelages ont passé la nuit … lorque mes chiens passent devant leur paille, ils ont un gros coup de mou et il faut beaucoup les encourager pour qu’ils repartent!!  .Après avoir effectué les deux boucles, nous nous arrêtons à la base polaire avant de descendre sur Lanslevillars. Il faut en effet attendre la fermeture des pistes de skis que nous allons emprunter à la descente. Le chronomètre est arrêté à la base polaire; les derniers 10 kilomètres de descente ne rentrent pas dans le classement. L’arrivée se trouve devant le parking où nous sommes installés pour la semaine, au pied des pistes. Il y a toujours beaucoup de spectateurs qui nous attendent!


Au petit matin, avant l’étape de 90 kms                         préparation des chiens après le bivouac

11ème étape: Lundi 14 Janvier  2008  15h30  Bessans – Base Polaire  86 kms
Aujourd’hui, c’est le fameux départ en ligne de Bessans. J’ai la matinée pour préparer le matériel pour le bivouac de ce soir . Tout était trempé hier, en descendant. Mon sac de couchage finit de sécher dant la chambre, je prépare les snackes pour l’étape de ce soir, et j’essais tant bien que mal de soigner la diarrhée des chiens avec des pansements intestinaux que les vétos m’ont donné et de la vitamine B12 pour essayer de leur donner de l’appétit.  En principe, mes chiens adorent les départs en ligne, et je suis toujours en premier au goulet. J’ai mis Dallas et son frère Dénis en tête mais quand le départ est donné, les chiens n’avancent pas et Dénis court accroupi, en faisant de la diarrhée; je suis dans les derniers au goulet! L’étape d’aujourd’hui  se déroule en grande partie sur le domaine nordique de Bessans. Cette piste est un vrai régal quand on a des chiens qui tournent bien, mais avec des chiens qui s’arrêtent tous les 500 m pour faire de la diarrhée, c’est un vrai cauchemar! Nous avons une boucle d’environ 35 Kms à faire deux fois puis nous descendons  à Lanslebourg pour remonter à la base polaire où nous allons passer notre deuxième bivouac. Quand j’attaque la grosse montée vers le village de l’Ecaut dans la deuxième boucle, je suis au bord d’abandonner. Les chiens ne tirent pas et s’arrêtent sans arrêt pour faire leurs besoins. Viren est le plus mal, il se fait tirer par les autres. Je snacke et je repars tout de même. La moitié des chiens ne veut rien manger mais comme ils se sont vidés depuis deux heures, maintenant ça va mieux! Je décide de continuer et je monte très tranquillement à la base polaire. Au musher meeting, on nous avais annoncé 72 kms, il y en aura finalement 86 !  Les conditions météo ne sont pas bonnes au col et le vent souffle fort. J’installe les chiens comme je peux, en essayant de les protéger du vent avec la paille et la neige. Certains mushers qui ont des grosses pelles et surtout des gros bras ont creusé des trous où les chiens peuvent se glisser et se protéger du vent. Ils ne mangent pas de croquettes mais acceptent un peu de viande. Je demande aux vétos d’examiner Viren qui me semble particulièrement atteint. Ils me conseillent en effet de le droper. Il va passer la nuit avec les autres et je le confierai aux vétérinaires demain avant de partir. Après mon vin chaud rituel, je m’installe avec Catherine Mathis et Jean Philippe Pontier sous la tente où l’on prend le petit déjeuner pour passer la nuit à l’abri du vent et de la neige qui redoublent!

Le départ en ligne

12ème étape: Mardi 15 Janvier 2008  7h30  Base Polaire – Sardière 35 kms
Après avoir confié mon petit Viren aux vétérinaires, je m’élance sur la descente vers Lanslebourg avec  Dallas et Hulda en tête. La première partie de la piste est rapide et dans les descentes, Hulda est en retrait. Elle court avec les pattes arrières écartées. Je pense qu’elle a des contractures . Une fois à Bramans, on a deux grosses montées jusqu’à Sardière. Il fait  beau et trop chaud pour les huskies. Les montées sont très raides et il faut tout faire à pied! Je suis contente quand j’ aperçois l’arrivée! Les vétos examinent Hulda; elle a en effet les cuisses comme du béton, et il faut l’arrêter sinon elle risque le claquage! Le  problème des diarrhées engendre une légère déshydratation qui favorise, par empoisonnement de l’acide lactique, l’apparition des contractures. Nous mettons rapidement les chiens dans la remorque , au soleil, pour qu’ils se reposent avant la manche de cet après midi qui s’annonce très physique. Comme j’ai Rhapsodie , Voyou, Viren et Hulda qui sont out, je n’ai pas beaucoup de choix pour la composition de mon team de tout à l’heure! Enfin, il faut garder le moral et nous partons déjeuner au restaurant avec  Virginie et Aurélie .

 
Préparation…                                                          Sur les pistes de fond de Bessans

13ème étape: Mardi 15 Janvier 2008  15h30  Sardières – Assois  46 kms
Au musher meeting, on nous préviens que la manche va être dure: il y a beaucoup de montées raides! En me rendant sur la ligne de départ, je me rends compte que Y boite! J’ai juste le temps de le détacher et je pars avec seulement 7 chiens. J’ai laissé  Balto et Niagara au repos (le plus jeune et la plus vieille) pour les mettre demain.  Cette étape n’en finit pas! Nous faisons tellement de montées et de descentes sur cette montagne que je ne sais plus où je suis et j’ai l’impression de m’être perdue! Je suis pourtant sur la bonne piste puisque dans la dernière montée en forêt, j’aperçois la lueur d’une frontale au dessus le moi. Enfin, une longue descente nous ramène à Aussois où j’entends au loin le speaker qui annonce les attelages! Le bruit porte bien dans la montagne!  A chaque détours, je crois arriver mais il faut continuer encore!  Nous débouchons finalement sur une piste de ski, canalisés vers la ligne d’arrivée par des flambeaux.  Le village nous a préparé un bon repas .Nous retournons ensuite à Lanslevillars à 35 minutes en voiture, où se trouve notre appartement. Ces 35 minutes de route me semblent bien longs et je m’endors presque en conduisant!

14ème étape: Mercredi 16 Janvier 2008  9h30 Bonneval sur Arc – Lanslebourg 70 kms
Les chiens sont toujours malades. Les diarrhées se sont calmées avec les traitements donnés par les vétérinaires mais ils ne mangent toujours pas, ou du bout des dents. Niagara n’a rien mangé depuis trois jours mais elle est assez gaie: je décide de la prendre quand même. Dénis est tout raide depuis hier; il a de grosses contractures comme Hulda et je ne peux pas le prendre. Y, qui boitait hier, va mieux; c’est une crevasse que j’ai bien soignée hier soir et avec une bottine, il pourra courir.  Balto sera en tête avec son père. Viren     a repris du poil de la bête; c’est un chien très dur et courageux et je décide de le remettre; cela me fera 10 chiens . Comme ils sont malades, ils pourront se « reposer » à tour de rôle en laissant les autres tirer. Avec des chiens dans cet état, j’ai hâte que la course finisse!  Je suis à 2 mn 30 du canadien au classement général après 40 heures de course et je pense pouvoir reprendre une place aujourd’hui si je me défonce en aidant les chiens! L’attelage démarre tranquillement mais sûrement; je ne les pousse pas. Malheureusement, Jean Combazart, parti juste derrière , me rattrape rapidement et se colle derrière moi , ne voulant pas me doubler.  Le problème, c’est qu’il a plusieurs chiennes complètement en chaleur en tête! Mes mâles, déjà démotivés par la virose, courent maintenant en regardant derrière, la queue en l’air!! Bref, c’est moi qui fait tout le travail! Un peu plus et je les prends sur mon dos! Pendant que je m’échine à pousser le traineau , en espérant encore récupérer ma minute et demi, Jean est cool derrière! Il gère sa course, me répond-il au bout de 3 heures! Cette étape nous fait passer dans tous les villages que nous avons traversés ces derniers jours: Bonneval, Bessans, Lanslevillars Termignon, Bramans, Sardière, pour finir à Lanslebourg.  Ma soeur Diane et mon frère Eric sont venus pour la dernière étape et m’attendent sur la ligne d’arrivée. J’arrive finalement au bout de 4h48, et je guette le passage du canadien Christian Duchêne!  Je lui reprends quand même 1mn 20 mais cela ne sera pas suffisant! je me retrouve à 1mn20 derrière lui au classement final!  Je félicite mes « bébés » courageux . Niagara, toujours égale à elle même, est toute fringante, même après trois jours sans manger! Balto, en tête avec son père, est vraiment très prometteur du haut de ses 18 mois! Dallas est comme d’habitude; sérieux, sûr et dévoué à sa maitresse!  Chaussette  est la digne fille de Misty! Viren , Y , Tyee et Golja sont les tracteurs du team et se partagent les places en wheel,  Vélossa et Aston sont réguliers en swing.
Nous sommes conviés le soir à un banquet de fin de course à Lanslebourg;  un excellent repas sous forme de buffet nous est servi pendant que l’organisation nous présente sur grand écran un superbe diaporama des meilleurs clichés de l’équipe des photographes ainsi qu’un montage vidéo qui  retrace tous les grands moments de la course . Les images sont magnifiques  et nous rendent quelques peu nostalgiques!

l’équipe de natur-a-venir                                                          Nathalie et moi à Sardière